mercredi 11 avril 2018

Town, tome 1 : Tueurs d'Anges


Auteure : Town, tome 1 :Tueurs d'Anges
Éditeur : Auto-édition
Parution : 10 décembre 2017
Pages : 249
Prix : 19€ (papier)
Genre : Post-apocalyptique
Lu en : numérique
Lecture : Service Presse

Synopsis :

Un jour de janvier, un cataclysme sans précédent décime la quasi-totalité de l'humanité en quelques secondes. Les survivants doivent affronter par la suite toute l'hostilité de la planète ravagée, les fous dangereux sillonnent les routes... et les hordes d'anges descendus du Ciel pour les exterminer. Le tout sous les coups lancinants frappés à la Grande Horloge de l'Apcalypse. Douze coups, six cents jours, à la fin desquels la réalité telle que nous la connaissons disparaîtra.
À travers le chaos, Ana part à la recherche d'un refuge où se terrer quand la fin viendra. Elle rencontre alors Élias, un clairvoyant qui s'est donné une mission : tuer un maximum d'anges, pour sa propre survie et celle de ses compagnons d'infortune.
Mon avis :

Pourquoi ce livre a rejoint ma pal?

Grâce ou à cause de l'avis de Justine du blog Lire-une-passion. Son très bon avis m'a convaincu et puis, ça parle d'anges vils et mesquins, donc forcément que ça allait me tenter. Ce sont des créatures qu'on rencontre assez peu en littérature donc ça fait du bien de changer un peu.

Les personnages :

Anaëlle dite Ana est une héroïne solitaire, débrouillarde, d'une mauvaise foi absolue ce qui m'a fait rire plus d'une fois, elle a également un don : elle détecte les anges avant que ceux-ci n'entre dans le champ de vision d'une personne,ce qui lui donne une légère longueur d'avance. Seule depuis longtemps, elle ne pense qu'à une seule chose : trouver un coin tranquille où attendre la fin des 12 coups en paix, si possible. Tout ne se passe pas comme prévu et elle devra faire preuve de volonté, de discernement, d'inventivité, tout en combattant ses propres peurs et faiblesses. C'est une héroïne comme je les aime. Elle a des avantages, mais n'en demeure pas moins invincible, fragile, insensible à la douleur ou la peur. Rien n'est simple, sa vie est un véritable chantier et on espère du plus profond de notre cœur, qu'elle trouvera ce qu'elle recherche vraiment.

D'un autre côté on a Élias, le clairvoyant. Depuis son plus jeune âge, sa vie est compliquée. Il est différent des autres et on le lui a bien fait sentir. Il sait des choses qu'il doit absolument garder pour lui, des choses étranges ou inquiétantes, son don est épuisant, dangereux, il échange également avec des personnes bien particulières et voir le passé ou l'avenir n'est pas forcément une bonne chose. C'est un jeune homme mystérieux, un genre de leader parmi le groupe de survivants dont il fait parti. Il est indispensable car, il met la main à la pâte sans rechigner, il guide ses compagnons, il prend soin des autres et ne se plaint pratiquement jamais. C'est un lourd fardeau qui repose sur ses si jeunes épaules et pourtant, il ne lâche rien, c'est un combattant. Je suis surprise par la complexité de ce personnage et j'ai été extrêmement touché par ce qu'il peut vivre ou ressentir au quotidien. C'est mon personnage coup de cœur.

Je reste évasive et c'est volontaire de ma part. J'aurais tant de choses à vous dire seulement, j'ai adoré ne pas savoir grand chose en me plongeant dans cette lecture et je ne voudrais pas gâcher le plaisir de futurs lecteurs.

Il y aurait bien d'autres personnages à vous présenter, mais je préfère que vous les découvriez au fur et à mesure de votre lecture, si jamais cette série vous tente.

L'intrigue :

J'ai complètement adhéré à la mythologie mise en place par l'auteure. Non seulement, il y a des anges, mais en plus ce sont de vrais charognards et ils se comportent comme des bouchers. Rien ne les arrêtent, ils sont déterminés, calculateurs et font froid dans le dos. J'ai aimé que pour une fois, les anges ne soient pas de gentilles créatures prêtes à tout pour sauver l'Humanité, bien au contraire...
On suit les points de vue de 3 personnages différents ce qui nous donne une vue globale de la situation mais aussi ce que chacun a pu vivre ou ressentir aux différents moments.
Dans ce premier tome, il y a de la magie, des pouvoirs, des rêves assez glauques parfois, un monde ravagé par la destruction, de la peur, des doutes, mais aussi une réelle envie de s'en sortir, souvent plus forte que tout, de l'entraide, du dépassement de soi, de la gentillesse, des coups bas, etc etc...
Tout est présent ici pour nous faire passer un très bon moment de lecture. Et l'intrigue se passe majoritairement en France , fait suffisamment rare dans ce genre littéraire pour le souligner.
Et cette fin... Bon ok, l'auteure aurait pu faire pire mais celle-ci m'a largement suffit déjà.
Je ne m'attendais pas du tout à ce revirement de situation et je l'ai pris en pleine poire. 


L'auteure :

L'auteure a une plume incisive, addictive et agréable à lire. Elle ne s’encombre pas inutilement de tournures de phrases trop pointues et le langage de nos personnages est brut de décoffrage. Même si le thème de l'Apocalypse a souvent été utilisé en littérature, l'univers reste original. Il est sombre, parfois glauque et flippant. Et malgré les actions suffisamment nombreuses, Rozenn Illiano nous offre un premier tome très complet au niveau de la psychologie des protagonistes de cette histoire. je ne m'y attendais absolument pas et j'ai été ravie. Les personnages ont tous un comportement et un affect différent, ils sont travaillés et nous permettent de vivre au plus près leurs émotions en même temps qu'eux.
J'avais déjà découvert sa plume dans un album jeunesse Le chat qui avait peur des ombres, et j'étais curieuse de la découvrir dans un nouveau genre littéraire. Et bien sachez que dans l'un comme dans l'autre, j'ai apprécié son style.


En résumé :

Un univers apocalyptique travaillé qui se passe en France, des créatures surnaturelles et une mythologie qui m'a séduite. Des personnages avec une psychologie bien différente les unes des autres qui nous permettent de vivre cette histoire d'une autre manière que ce qu'on a l'habitude de lire. C'était plaisant et extrêmement prenant.  Une plume cash et incisive qui se concentre sur l'essentiel sans pour autant qu'on ait un sentiment de manque.
Une histoire que je conseille à tous les lecteurs qui aiment le post-apo. Je ne le recommanderais néanmoins pas aux plus jeunes, car l'univers est sombre et certains passages peuvent heurter la sensibilité de ces derniers. Je dirais à partir de 15 ans pour ma part.

Notes :


Extraits :

"Le silence règne sur Rennes comme s'il en était le souverain. Le paysage qui s'étend sur mes yeux est celui d'une cité brisée. Les immeubles renversés, les rues désertes... Nuances de gris et de sanguine, épais coups de pinceaux à l'encre noire des maisons calcinées. Rares traces de couleurs vives, là où la vie s'efface. Au loin, le soleil poursuit sa course, indifférent au sort du monde. Il va disparaître bientôt, et pour toujours. Et alors? En fin de compte, ce n'est pas si grave. Il est déjà bien généreux de nous donner sa lumière, à nous, cette humanité incapable de garder sa civilisation et sa planète intacte."

"Pour la première fois depuis longtemps, cette vision m'arrache un sourire. J'ai un peu l'impression de rentrer chez moi. Ou, du moins, quelque part où je pourrais me considérer comme chez moi. Cette sensation s'accompagne d'un grand soulagement car, il faut bien le dire, vivre seule jusqu'à la fin de ma vie n'était pas vraiment ce que je voulais, au fond de moi. À force de me méfier de tout et de tout le monde, j'en venais à me persuader que mes congénères n'étaient pas dignes de confiance, et que les fuir était la seule solution. À dire vrai, je n'ai jamais été une solitaire. Ni une vraie cynique mais après tout, tout le monde change."

" Tout irait mieux si je n'étais pas prise d'un tel mauvais pressentiment... Soyons honnêtes, je suis littéralement morte de peur à l'intérieur. Plus que la menace représentée par les anges, c'est celle que la Terre nous réserve : le grondement venu de sous le sol, ces parcelles de terre qui s'effondrent sur elles-mêmes, ou le vacarme des tempêtes orageuses en plein mer. Comme si la planète me parlait, agonisante, en proie à la douleur."

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